jueves, 21 de abril de 2016

Arbor Mirabilis

Michel de Roisin – Ulrich de Mayence (1485-1558), Katauges, la bible de l’an 2000 (Résumé)

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Ci-dessous, un extrait du livre de Michel de Roisin, Ulrich de Mayence (1486-1558), La Bible de l’An 2000, le maître de Nostradamus, coll. « Les carrefours de l’étrange », aux Editions du Rocher dirigée par Jimmy Guieu, 1979, p.501 sqq. Quelques commentaires sur le livre ensuite. 
Dogme des Kataugues
Les Kataugues affirment qu’il existe un Dieu unique mais qu’il est forcément immobile, inagissant, non-créateur. Si Dieu est parfait, rien ne peut lui être ajouté ni enlevé.
Ils affirment que la Matière est une substance éternelle, incréée, agitée d’un perpétuel mouvement, par l’influence d’une multitude d’esprits plus ou moins subtils, de sous-Dieux qui, comme les Hommes, les Animaux, les Plantes, mourraient et renaîtraient sans trêve, sous des formes innombrables (donc, insistent-ils, limitées en nombre pour le cycle d’un univers déterminé !
Ils affirment l’inévitable nécessité de renaître : « Prends garde à ne pas faire du mal à autrui, car c’est à toi que tu le ferais ! Si tu écorches vif un chat, tu seras, dans une prochaine vie, le chat qu’on égorge ! Si tu assassines ou torture, tu seras l’assassiné ou le torturé ! Chacun dans sa vie actuelle, élabore sa vie future. Si tu souffres aujourd’hui, c’est en expiation d’une faute passée.
Il n’y a donc point de châtiment éternel, car il serait souverainement injuste, pour une faute limitée dans le temps, d’infliger au coupable un enfer éternel. De même, il n’existe point de récompense éternelle, donc de Paradis, nul bienfait temporel ne méritant une béatitude sans fin. Tout passe, meurt et renaît. Aussi, s’efforçant d’éviter une désastreuse réincarnation, le sage organise-t-il sa vie présente pour le plus grand avantage de sa vie future ! »
- Les Kataugues prétendent établir l’égalité des sexes, l’égalité absolue de l’homme et de la femme. (à l’inverse du dogme de l’Eglise de l’ignominie ou nature diabolique de la femme). « Ce serait la fin de l’Eglise, qui s’effriterait, lentement sans doute, mais inéluctablement. » (p.30-33)
- Les Kataugues nient le péché originel, conception barbare, inique, absurde, déprimante, avilissante, témoignant d’une totale incompréhension de textes symboliques lentement déviés de leur sens réel et caché(…) – La partie ésotérique de la doctrine reste et restera inaccessible au public.   (p.60)
Détails du dogme
DIEU
Il existe un Dieu unique, infini, éternel.
Etant infini, ce Dieu n’aurait pas de forme : il constituerait un TOUT immobile et amorphe, donc sans possibilité dynamique.
Etant éternel, il n’évoluerait point.
En conclusion, un tel Dieu n’aurait aucun intérêt pour l’Homme.
Or, fin de pouvoir agir, ce Dieu unique se divise (hypostases) : d’où ses différents aspects de « multiplicité-une » dans les diverses religions (Trinité chrétienne, Trimourti brahmanique, etc).
De toute manière, ce Dieu est inaccessible à la grande majorité des intelligences. Seuls, les chemins de l’Initiation peuvent conduire à Lui.
Entre le Dieu unique et l’Homme, existent une infinité de dieux : ils concrétisent, en réalité, des états de réincarnation.
Ces dieux montent ou descendent au long de l’échelle de la hiérarchie divine.
Les dieux précités régissent notre système planétaire. Ils sont tous sous la domination d’un Dieu supérieur, symbolisé, dans les religions primitives, par le Soleil (ce Dieu-Soleil étant, lui aussi, sous la domination d’un Dieu supérieur !)
LA RÉINCARNATION, BUT SUPRÊME.
Il n’existe que la SUBSTANCE (hypokeiménon des Grecs) et ses MODES (modifications ou transformations).
Dieu est Substance.
L’Âme est également Substance, donc éternelle (si, en effet, elle n’était, avant cette vie, il serait injuste de lui infliger le châtiment d’une vie précédente. Si elle n’était, après cette vie, AUCUNE MORALE N’AURAIT SA RAISON D’ÊTRE).
LA MORT N’EXISTE PAS : en fait, il y a PASSAGE (parakhorèse) : passage d’une incarnation dans une autre. Éternellement, l’Âme passe d’une incarnation à une autre (pour certains initiés, le passage peut être « provoqué » du vivant du sujet, ce qui présente divers avantages).
Il n’existe donc ni châtiment ni récompense éternels. Etant donné ce qui précède, il serait injuste, absurde et d’ailleurs inconcevable, de faire payer par un châtiment éternel une faute temporelle. Pour les mêmes raisons, il serait injuste, absurde, inconcevable, de prétendre récompenser par un bonheur éternel un bienfait qui n’a été quetemporel.
Tout individu passant par une infinité de réincarnations, tout acte engendre des répercussions futures. Tel qui est assassin risque de se retrouver dans le corps de l’assassiné. Tel qui torture son prochain risque de se retrouver dans la peau du torturé ! Aussi, mieux vaut faire le bien, pour être plus tard l’objet du bienfait. Cela explique le commandement suprême du Katauguisme : « AIME TON PROCHAIN PLUS ET MIEUX QUE TOI-MEME. »
Les plus damnables péchés, considérés comme contraires à l’amour du prochain sont : l’amour exagéré de soi-même, la vanité, l’orgueil, l’égoïsme, l’avarice.
LE MAL, GRAND-MAÎTRE DE NOTRE MONDE
Notre monde, avons-nous dit, est régi par une infinité de dieux, les uns bons, les autres mauvais (esprits ascendants et esprits descendants).
Toutefois, le MAL domine : notre monde doit être considéré comme asservi au PRINCIPE DU MAL, dont l’empreinte marque ici-bas tout être vivant (chacun, en effet, portant en soi le PRINCIPE DE DESTRUCTION, concrétisé, sur le plan physique et dans sa plus élémentaire modalité, par le globule blanc, défenseur-destructeur de l’être vivant).
L’esprit de destruction se manifeste par la chasse, la guerre, la concurrence commerciale, l’esprit de domination, toutes choses amenant l’exploitation systématique de l’Homme par l’Homme et le pillage de la planète.
Ce pillage doit amener la destruction des ressources vitales et la disparition rapide de notre espèce (disparition prévue pour l’An 2500).
LES RÉINCARNATIONS
L’Homme dominé par le Mal se réincarne dans un être inférieur. La Terre étant un lieu infernal, il descend dans un lieu infernal pire.
Il n’en pourra sortir qu’après un temps incommensurable, qui se chiffrera par milliards de milliards d’années dites « solaires » et se matérialisera par d’innombrables réincarnations en des êtres inférieurs.
PROTECTION CONTRE LA DESCENTE VERS LES CERCLES INTÉRIEURS.
Elle est dans la Pensée.
LA PENSÉE EST TOUT.
L’Univers n’est qu’un Univers-Pensée.
Mais la Pensée ne peut être efficace que par une initiation sévère.
Seule, cette Pensée peut conduire vers la Sérénité ici-bas, l’épanouissement des dons supra-normaux, les réincarnations supérieures.
BUT DU KATAUGUISME
Lutter contre toute souffrance (celle-ci étant un effet du PRINCIPE DU MAL et l’un des principaux obstacles à la conquête et à la conservation de la Sérénité).
Essayer de détourner l’Humanité du chemin de l’abîme (celui-ci devant être irrémédiablement atteint vers l’An 2500).
Révéler à l’Homme ce qu’est, en réalité, le PASSAGE (qu’il appelle MORT) et, auparavant, révéler à cet Homme ses dons « supra-normaux ».
Guider ce même Homme vers les moyens de réincarnation heureuse (Initiation).
Le catéchisme Kataugue de Nuremberg 
L’HOMME
- Qu’est-ce que l’Homme ?
- L’Homme est un Vertébré, pourvu de la faculté de penser et de savoir qu’il pense.
- Qui a fait l’Homme ?
- L’Homme – ou plutôt le corps de l’Homme – n’a pas été fait, du moins directement : il est, en effet, l’aboutissement d’un long processus évolutif.
- Comment a été fait le corps de l’Homme ?
- Le corps de l’Homme résulte de la lente transformation d’un être initial ou cellule primordiale, premier maillon d’une chaîne aboutissant à l’Homme.
- L’Esprit nommé – à tort – « Créateur », et que nous appellerons,provisoirement (Ft x ± Σ∞) (Facteur de transformation x puissance Σ demoins à plus infini), fit-il l’Homme bon ou mauvais ?
- (Ft x ± Σ∞) fit l’Homme très imparfait, à son image, et pourvu, dans sa constitution même, du Principe de destruction, c’est-à-dire du Mal. REMARQUE
- Parmi les agents destructeurs inhérents à la physiologie animale, le CONSISTOIRE KATAUGUE de 1926 cite entre autres le globule blanc de notre sang.
- Pourquoi l’Homme a-t-il été pourvu du Principe destructeur ?
- Il a été pourvu du Principe destructeur pour résister à l’activité destructrice qui existe autour de lui et qui le détruirait s’il n’était lui-même armé pour détruire.
- De quoi est composé l’Homme ?
- L’Homme est composé d’un corps d’un esprit d’une parapsyché, d’une âme.
- Qu’est-ce que le corps ?
- Le corps est la partie DESTRUCTIBLE sujette à transformation de notre être.
- Qu’est-ce que l’âme ?
- L’âme est la partie inaccessible à nos sens, INDESTRUCTIBLE, non sujette à transformations, donc substantielle, de notre être. Elle n’a jamais eu de commencement, n’a jamais été créée, n’aura jamais de fin. – Qu’est-ce que l’esprit ?
- L’esprit est la partie pensante de notre être, c’est-à-dire capable de raisonnement. L’esprit, fonction du corps, disparaît avec lui. Il est essentiellement DESTRUCTIBLE.
- Qu’est-ce que la parapsyché ?
- Nommée « aura » par les ésotériques lorsque, sous certaines influences, elle devient visible, la parapsyché est la partie de notre être qui engendre la conscience d’exister et de penser (« Je pense que je pense, donc je suis vraiment »). Comme l’âme, la parapsyché est INDESTRUCTIBLE, n’a jamais été créée, n’aura jamais de fin.
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Ajouté au catéchisme en 1938 :
- Quels sont les rapports du corps et de l’âme ?
- Le corps est un récepteur, l’âme est un « train d’onde ». Le corps n’est pas autre chose que le récepteur du « train des ondes constitutives de notre âme ».
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- Quand le corps est détruit, quel est le sort de notre âme ?
- Elle passe d’un corps dans un autre.
- Quand l’âme passe d’un corps dans un autre, le nouveau corps est-il supérieur ou inférieur au précédent ?
- Cela dépend de l’orientation de l’esprit au moment du Passage. Si l’âme humaine tend à monter, elle passe dans le corps d’un être supérieur. Si elle tend à descendre, elle passe dans le corps d’un animal ou de tout autre être inférieur situé dans un plan quelconque de l’Univers.
- Avons-nous des preuves de l’existence de l’âme ?
- Oui. Et elles sont aussi certaines que peut l’être le résultat d’un raisonnement conduit dans un esprit de logique scientifique. Elles ne sont en général, toutefois, qu’à la portée de l’Initié.
- Si l’âme passe d’un corps mortel dans un autre corps mortel, il n’existe donc pas de vie qui ne finira jamais ?
- Il n’existe pas, en effet, de vie qui ne finira jamais.
- Il n’existe, par conséquent, pas de récompense éternelle ?
- Il n’existe pas de récompense éternelle, car il serait injuste et absurde de récompenser du temporel par de l’éternel.
- Il n’existe pas non plus de châtiment éternel ?
- Il n’existe pas non plus de châtiment éternel, car il serait également injuste et absurde de punir du temporel par de l’éternel.
LES BIENS DÉSIRÉS – LES MAUX REDOUTÉS
- Quels sont les biens désirés par l’Homme ?
- La santé, la richesse, la beauté, la jeunesse, la vie.
- Quels sont les maux redoutés par l’Homme ?
- La maladie, la misère, la laideur, la vieillesse, la mort.
- Qu’est-ce qui est le plus fréquent et le plus permanent : les biens ou les maux ?
- Les maux.
- Qu’est-ce que la misère ?
- La misère est le manque du nécessaire.
- D’où résulte la misère ?
- Du manque d’amour de l’Homme pour l’Homme.
- Qu’est-ce que la maladie ?
- La maladie est la concrétisation, sur nos corps, du Principe de destruction qui caractérise ce monde.
- Qu’est-ce que la laideur ?
- La laideur est l’altération de la forme idéale de notre corps, sous l’effet de l’hérédité, de la maladie, du vice, d’un accident ou de la vieillesse.
- Qu’est-ce que la vieillesse ?
- La vieillesse est l’altération de la forme idéale de notre corps, l’altération de nos fonctions physiologiques et intellectuelles, sous l’action du temps.
- Qu’est-ce que la mort ?
- La mort – appelée « passage » par les Kataugues – est la destruction apparente de toutes les modalités de notre vie.
- Pourquoi la mort est-elle appelée « passage » par les Kataugues ?
- Parce que, en fait, LA MORT N’EXISTE PAS : elle n’est que le passage d’une incarnation dans une autre. VÉRITÉS ET MYSTÈRES.
- Existe-t-il des vérités que nous devons croire AVEUGLEMENT ?
- Il n’existe aucune vérité que nous devons croire AVEUGLEMENT mais des MYSTÈRES que nous devons admettre.
- Pourquoi devons-nous admettre ces mystères ?
- Nous devons les admettre parce qu’ils s’imposent même à la Science qui n’a pu les élucider.
- Pouvez-vous citer quelques-uns de ces mystères ?
- La Dieu unique, le Temps, l’Espace, la Conscience de soi, le Déterminisme, le Libre-Arbitre, etc.
- Quels sont nos moyens de connaissance ?
- L’expérience, le raisonnement, l’observation, la révélation.
- Quels sont les moyens d’actions sur la Matière ?
- La Science (exotérique ou ésotérique).
- Est-il possible de prédire ?
- Oui, à des Initiés.
- Existe-t-il des connaissances qui échappent à l’expérience et au raisonnement scientifique ?
- Oui : le Temps, l’Espace, la Conscience de soi, le Dieu unique, etc.
QUELQUES PRÉCISIONS SUR UNE PRIÈRE FONDAMENTALE DE LA LITURGIE KATAUGUE
De la condamnation de l’égoïsme, de l’amour-de-soi exagéré, renouvelé par divers Consistoires kataugues, sont résultées certaines coutumes liturgiques, d’ailleurs passées à l’état de prescriptions impérieuses. Ainsi, nul ne peut prier pour soi, toute requête à l’Indicible-Puissance pour des fins personnelles étant considérée comme une des pires formes de l’égoïsme. C’est pourquoi, s’il n’est permis de prier que pour autrui, il est recommandé de constituer des « couples-de-prières », l’un priant pour l’autre, usage qui n’existe dans aucune autre religion et qui, depuis plus de trois cents ans, n’a cessé de donner d’incomparables résultats.
A l’intention des couples-de-prière, a été composée, en 1622 sous le Pontificat (kataugue) d’Albérich Basilidès (né en 1527, Père-Vénérable ou « Pontife » de 1602 à 1623), l’ »Oraison kataugue« , encore appelée « Oratio Aethrae » (« Invocation à l’Empyrée ») et préconisée par un ensemble de décisions nommé « Canon de Petrus Moses » (1662-1668), XIe Pontife kataugue, cette prière constituant l’oraison-type du couple liturgiqueet ne pouvant – insistons sur ce point – être dite que pour autrui.
L’usage veut que la récitation (si possible en latin) de la « Kataug Oratio » soit précédée de l’invocation suivante : « Ineffabilis-Potento, gloria Tibi, Verboque tuo incarnato, Ulrico Mongotiaci » (« Gloire à Toi, Indicible-Puissance, et à ton Verbe incarné, Ulrich de Mayence »).
Dernière précision : maintenue dans le domaine de l’ésotérisme jusqu’en 1946, il a été admis que la « Kataug Oratio » pouvait « passer » dans l’exotérisme. Toutefois, si la fameuse prière peut maintenant être récitée par tout le monde, son explication (relative, entre autres choses, à ses vertus particulières et à son exacte interprétation), elle, fait encore partie du plus secret ésotérisme !
KATAUG ORATIO (1622)
Tu, Ineffabilis Potentia, cujus dicitur Nominem non fore ostentum, Solium solare, Doctrinae absolutae Splendor, Numeri Voluntatisque Rex, in quo Aethrae splendidus fulgor radiat, hanc postulationem in favore fratis mei amore audire utinam digneris.
Si sanitem non haberet illi meam dares, si longe a serenitate eum abducat, ut voraginem funestarum reincarnationum vitaret, eum duceres.
Ego vero, sine prolapsione, ad limine Magnae Transitionis, ne unquam obliviscens supremam secretamque Veritatem praesentem semper in mente hominis pii, ad optimum eum sustineam, ducam, ei auxilier et ingenii lucem porrigam.
In te, Frater; in Te, Soror, meum Me futurum concopit. Quamobrem, Ineffabilis Potentia, ut in tenebricosis viis non errem, satis magnum amorem ardentemque luminem, in spiritu meo utinam injicias.
Illo dicente, pro fratre meo amore, Ineffabilis Potentia, in genua procubitus et submissime, te oro et tibi gratias ago.
ORAISON KATAUGUE (1622)
Indicible-Puissance, Trône-Solaire où rayonne l’insoutenable éclat de l’Empyrée, Splendeur-de-la-Connaissance-Absolue, Roi-du-Nombre et de-la-Volonté, daigne entendre cette requête en faveur de mon frère d’amour.
S’il n’a point la santé, donne-lui la mienne; s’il s’égare loin de la Sérénité, guide-le, afin de lui éviter le gouffre des réincarnations funestes.
Quant à moi, puissé-je de mon mieux le soutenir, l’éclairer, le secourir, le conduire sans faux-pas, jusqu’au seuil du Grand Passage, sans oublier la suprême et secrète Vérité, toujours présente à l’esprit du Croyant.
En Toi, ô mon Frère; en Toi, ô ma Soeur, s’élabore mon Moi futur.
Aussi donne-moi donc, Indicible-Puissance, assez d’amour, assez de lumière, pour ne me point fourvoyer en ténébreux chemin.
Cela dit, très humblement, pour mon frère d’amour, Indicible-Puissance, je te prie à genoux et, très humblement, je te remercie.

Commentaires sur le livre

Aesculape N° 5 du 01/05/1969
Ce livre est très curieux, il y a d’ailleurs très peu d’informations sur internet. Il fait 510 pages et est composé d’un ensemble de textes plus ou moins romancés (huit articles parus de mai 1969 à décembre 1973 dans la revue médicale Aesculape), qui semblent tous être basés sur des documents historiques et des faits réels. Il est difficile de faire la part des choses, bien que l’auteur ait aussi inséré des illustrations :
- un portrait d’Ulrich de Mayence à 52 ans,
- une photo de l’Arbor Mirabilis (un ensemble de 46 livres en latin, de 1636 pages in-folio),
Adam et Eve par Albrecht Dürer (1504)
- une pomme coupée en deux montrant le pentagramme symbole pythagoricien de la réalisation,
- trois images de croix Kataugue, dont une représentation avec un soleil / Lumen en haut, et le « Terra » en bas, entouré d’une chimère et d’un dragon. Des deux côtés, les deux bords de la coupe montrent l’évolution et l’involution (creatio et eversio).
- une gravure du premier congrès Kataugue (1552) montrant Ulrich de Mayence autour d’une table, entouré d’hommes en armures (il remet les premiers « Stauroxiphes, « croix-glaives » aux portes-glaives de la Maison II).
- une composition sur peau de bœuf montrant mélangés des dessins, signes, caractères, résumant la destinée de l’humanité jusqu’à sa chute en 2500. Cette Admonitio a dû être réalisée en 1557 suite à des visions.
- Quatre images d’initiés Kataugues en tenue, en 1578 et en 1960. Il semblerait donc que l’organisation soit toujours active, du moins en 1960 (rue Cadet et en forêt de Fontainebleau). L’habit rituel est proche de celui des pénitents (cagoule pointue).
Note : A propos de cette organisation, Michel de Roisin indique p.113 que son actuel Grand Maître est Ebenezer Holz.
- Une photographie de la forteresse (ancienne prison) le Steen d’Anvers, dont il est question dans l’ouvrage, ainsi qu’un dessin du même bâtiment par Victor Hugo,
- Un portrait de Cosimo Ruggieri (dont il est question dans l’ouvrage),
- Une étude de crâne par Nostradamus exécutée à la pierre noire,
- Un tableau de méditation (« Vanité », un crâne), orné de la Croix-Kataugue.
 Voici maintenant la table des matières de l’ouvrage :
Introduction
Chronologie sommaire de la vie d’Ulrich de Mayence
Bibliographie de l’oeuvre d’Ulrich de Mayence
Bibliographie de l’oeuvre de Nostradamus dans ses rapports avec celle d’Ulrich de Mayence
Premier Récit : L’enfant sauvé des eaux
Second Récit : Ulrich de Mayence, maître de Nostradamus et précurseur (possible) de la médecine moderne
Troisième Récit : L’illumination de Montségur
Quatrième Récit : La véritable histoire du Saint-Graal
Cinquième Récit : A la conquête du Saint-Graal
Sixième Récit : Les mystères du château de Chaumont-sur-Loire
Septième Récit : Les tribulations d’un livre maudit
Huitième Récit : Ulrich de Mayence et la doctrine merveilleuse
Neuvième Récit : L’épopée de l’Arbor Mirabilis ou Bible de l’an 2000
Appendice : A propos d’exotérisme kataugue
Introduction
Michel de Roisin choisit de présenter Ulrich de Mayence en évoquant les moyens qu’employa cette organisation pour lutter contre l’Inquisition, au début du XVIe siècle. Il se base sur les informations qu’il aurait trouvées dans un dépôt à Nuremberg, que l’auteur aurait pu consulter grâce à un certain « Docteur Vitus » (pseudonyme) en 1978.
Le Steen d’Anvers, où Titelman aimait se coucher non loin des prisonniers promis à ses interrogatoires.
L’introduction raconte donc comment cette Ekklésia des Kataugues a fait pour maintenir son existence en des temps troublés. Ils avaient élaboré de véritables stratégies, tout à fait impitoyables, que découvrit à ses frais l’inquisiteur de Tournai, Pierre Titelman (qui a réellement existé).
Soutenu par Philippe II, roi d’Espagne, qui gouvernait sur les Pays-Bas à l’époque, il était sans doute le plus cruel et zélé des inquisiteurs. Il répandait l’effroi, usant de toutes sortes de tortures et de nombreux bûchers. Il s’en prenait à la population civile qui était tenue dans la peur.
En 1571 l’Inquisition décide de l’envoyer traquer une certaine hérésie. Cette hérésie est présentée comme la plus importante d’entre toutes, qu’il faut absolument éradiquer. Elle était censée s’appeler Lucifériens (1540), Illuminés (1546), Compagnons-de-la-Vérité (Comitas-Veritatis – 1551), Hérauts-de-Dieu (Praecones-Dei – 1553), Fidèles-de-l’Invincible-Puissance (1565), puis Kataugues. Son chef (Ulrich de Mayence) était connu sous différents pseudonymes (Peeter van Hoog, Hans Burgmayer, Hermann Marckelbek, Wolfang van den Bossche…)
Pierre Titelman se rend donc à Anvers, où il retrouve un chanoine qui lui dit qu’une patrouille d’extinction des feux avait surpris un groupe d’individus insolites dans la maison d’un maître-imprimeur. Il y fut découvert un manuscrit « infernal », le « Livre des Principes, Rites et Prophéties Kataugues« , ce qui devait mener tout ce groupe au bûcher. Kataugue vient du grec katauguèssignifiant éclairé, illuminé de la Lumière de la Connaissance.
La maison des Bouchers à Anvers (1504). Les bouchers étaient la plus ancienne corporation d’Anvers.
Le chanoine énumère donc toutes les personnes capturées dans leur coup de filet et il organise avec Pierre Titelman la prochaine arrestation lors d’une nouvelle réunion des Kataugues, dans la Maison des Bouchers. Pour l’occasion, des inquisiteurs dominicains d’Espagne les rejoignent, et ils soumettent à la question les précédents inculpés, qui restent tout à fait impassibles mais finissent par révéler de nombreuses informations. Titelman croit avoir gagné, mais c’est une erreur car quand ils mènent l’attaque contre la réunion le jour duCarnaval, Titelman se retrouve piégé.
Les faits seraient relatés dans le Rapport Estienne Domat. Titelman comprend que les hommes de sa milice font partie des Kataugues, qu’il est seul contre tous, et qu’il s’apprête à être « jugé » par les Kataugues en robe écarlate, dont les visages sont dissimulés par de hautes cagoules pointues. Il retrouve les personnes qu’il a « questionnés ». Et les Kataugues lui apprennent qu’il doit désormais travailler pour eux car il a été empoisonné et il est obligé de revenir les voir régulièrement pour prendre un remède. Les Kataugues peuvent ainsi récupérer tous les documents pris par l’Inquisition. Titelman meurt un an après.
« La mésaventure de Titelman est fort significative de la ligne de conduite kataugue ou, plus exactement, de sa stratégie défensive. Les effets peuvent en être, à mon sens, considérés comme absolument remarquables, voire uniques dans l’histoire humaine car, jusqu’à présent, aucune société, aucune organisation, du moins à ma connaissance, n’a jamais plus efficacement garanti le secret de ses activités (…) » (p.59) Ainsi, nul ne mentionne l’existence des Kataugues et les documents sur Ulrich de Mayence ont été retirés des bibliothèques.
L’introduction se termine en évoquant Nostradamus, qui aurait été un haut-dignitaire kataugue. Les Centuries ont donné lieu à de multiples interprétations mais elles sont fausses. « Les fameux quatrains n’étaient rien d’autre que la traduction d’un original, composé en hébreu, sur l’ordre et selon les directives d’Ulrich de Mayence, par Nostradamus et un initié donc il m’est permis de vous révéler le nom : Salomon Grimbach-Hamatoun. Chaque mot des quatrains, dans le manuscrit hébraïque, correspondent à un nombre, selon les principes les plus élémentaires de la Kabbale, et les nombres, eux, correspondent à un code, intelligible seulement pour les initiés kataugues d’un certain degré. » (p.64)
Il y a eu tant d’interprétations erronées car cette donnée était manquante. « La grande majorité des êtres humains n’agissent qu’en fonction de leurs opinions, c’est-à-dire d’après des notions improuvées. C’est pourquoi, ils s’avèrent si vulnérables aux propagandes les plus grossières. Pour le plus grand profit des politiciens d’ailleurs, car si, tout à coup, les hommes s’avisaient de ne plus vouloir agir qu’en s’appuyant sur des preuves irréfutables, la politique disparaîtrait sans délai ! » (p.65)
Note :
Pour un autre point de vue, voir cet article : Les Centuries de Nostradamus revisitées et le livre de Jehans de la Oultre.
Chronologie sommaire de la vie d’Ulrich de Mayence ; Humaniste, médecin, prophète (1486-1558)
Ulrich de Mayence est retrouvé le 2 aout 1486 par des mercenaires, il dérivait sur le Rhin, et est adopté par Hermann Krumm. Très avancé pour son âge, il a également des dons musicaux et artistiques. En 1493, Hermann Krumm est appelé à Vienne par un conseiller de l’empereur, et Ulrich rencontre Aurélia, la fille du conseiller, dont il tombe éperdument amoureux. Il a 8 ans. A 10 ans, il voyage à Florence, et rencontre Léonard de Vinci qui est admiratif devant son intelligence. A 15 ans il va en Egypte. A 17 ans Aurélia meurt, ce qui fait sombrer Ulrich dans le désespoir. A 19 ans il rentre dans un couvent des Ermites-Augustins d’Erfürt, et à 20 ans Aurélia lui apparaît en rêve et l’informe de sa mission. A 23 ans, 24 ans et 25 ans il se rend à Montségur, puis perd la foi, part pour Salerne (Italie) étudier la science et la médecine. A 29 ans il reçoit des dons supra-normaux, à 31 ans il retourne dans son pays, à 32 ans il reçoit son diplôme de médecin. Puis à 33 ans il part au Mexique avec les armées de Cortez, une princesse mexicaine lui révèle une mine d’or qui fera sa richesse. A 40 ans il revient en Europe, soigne les pestiférés, rencontre Nostradamus à Toulouse, qu’il appelle son fils spirituel. A 44 ans il rencontre Pentadius, son secrétaire, et voyage en Haute-Galilée. A 46 ans il fonde l’Ekklesia des Kataugues, et fonde à 46 ans une imprimerie secrète à Mayence. A 52 ans il voyage en Angleterre et rencontre le peintre Hans Holbein. A 53 ans il imprime les premiers exemplaires de l’Arbor Mirabilis. A 54 ans il part en Asie, jusqu’à 61 ans. A 65 ans il assiste au Concile de Trente, puis se rend à Venise où il est reçu par le Doge, à 67 ans il va à Genève, où il se querelle avec Calvin qui veut le faire arrêter. A 69 ans il rencontre Catherine de Médicis à Paris. Au même moment, Nostradamus est investi d’une mission à Chaumont-sur-Loire. A 70 ans l’impression de l’Arbor Mirabilis à 300 exemplaires est terminée. Il en reste deux aujourd’hui (un à Dusseldorf, un à Montségur).  A 72 ans (1558), Ulrich de Mayence disparaît mystérieusement.
Bibliographie de l’oeuvre d’Ulrich de MayenceBibliographie de l’oeuvre de Nostradamus dans ses rapports avec celle d’Ulrich de Mayence
Se reporter à l’ouvrage.
Premier Récit : L’enfant sauvé des eaux
Düsseldorf
Ce récit est présenté comme retranscrit du chap. II de De Temporibus Haereseos (« Chroniques des temps d’hérésie ») par l’inquisiteur Hernandez Amalfi (document conservé dans les archives de Düsseldorf).
L’inquisiteur évoque l’apparition d’Ulrich de Mayence dans ce monde, en 1486. Il raconte qu’à cette époque, il y avait des signes dans le ciel (on reconnait des phénomènes liés à l’activité cométaire et aux OVNIs) :
« Croix de feu, épées flamboyantes, mains diaboliques, et autres figures prodigieuses (…)
Ainsi par exemple, non loin de Spire, à la tombée de la nuit, une femme vit distinctement, au zénith de sa maison, une gigantesque roue, éclairée à sa périphérie de clignotantes étoiles, et se déplaçant par brusques trajectoires horizontales. Pareilles roues ont été mentionnées par le prophète Ezéchiel, déclara le curée de l’endroit (…). Quoi qu’il en soit, la présence de telles roues ne peut présager que malheur ! (…)
Deux jours plus tard, dans un monastère voisin de Heidelberg, des religieux se rendant à l’office nocturne aperçurent, dans le ciel, une traînée lumineuse (…)
Vers le même temps, une étoile énorme s’alluma au-dessus de Mayence, brillant d’un éclat insolite, pour s’éteindre seulement aux premières lueurs de l’aube…
L’inquisiteur décrit également des incursions de cavaliers cuirassés, dont le chef s’appelait Kundrath. Des témoins racontent qu’il avait les yeux rouges et pouvait prendre à pleine main de la braise ardente. Une nuit d’orage, la troupe arrive près du Rhin, hésitant à attaquer un monastère (crainte religieuse). C’est là qu’ils aperçoivent dérivant sur le fleuve une sorte d’embarcation très curieuse et bien décorée, avec un enfant à l’intérieur. Il dort sous une couronne et près d’un sceptre et d’une épée.
Un mercenaire se dévoue alors pour l’adopter, c’est Hermann Krumm, barbier des armées. L’inquisiteur conclut en déclarant que cet enfant ne peut être que l’antéchrist, amenant une religion nouvelle remplaçant la Foi ancienne (Michel de Roisin cite les livres d’Andronicus sur les présages, ce que je n’ai pas pu retrouver).
Second Récit : Ulrich de Mayence, maître de Nostradamus et précurseur (possible) de la médecine moderne
Buste de Nostradamus par Liotard de Lambesc à la Fontaine Nostradamus de Saint-Rémy-de-Provence (image : newsoftomorrow)
Le texte relate une visite d’Ulrich de Mayence en juin 1551 à Nostradamus, qui vit à Salon-de-Provence depuis 1544. Puis il est question de la peste de Bordeaux en 1526 (je n’ai retrouvé d’informations à ce sujet).
Nostradamus reçoit donc la visite d’Ulrich de Mayence en 1551, alors qu’il a 48 ans. Comme il vient à l’improviste, il craint au début que ce soit l’Inquisition, car il était surveillé étroitement. Nostradamus est heureux de revoir son vieil ami et maître, qui vient en cheval, et qui a alors 70 ans environ. Il revenait de l’ouverture de la IIe session du Concile de Trente. Il est déçu par le Pape Jules III : « Le monde ne vit aujourd’hui que par la haine. »
C’est l’occasion pour Michel de Roisin de faire un retour dans le temps, et de revenir sur le passage d’Ulrich chez les Ermites Augustins où il a rencontré Luther et n’était pas du tout d’accord avec lui. Puis Ulrich accompagne le dominicain Tetzel en Allemagne, ce qui le dégoûte encore plus de l’Eglise. Il parle de « trafiquants de paradis ».
Puis l’auteur revient sur le voyage d’Ulrich de Mayence dans le Yucatan, en 1519. Il assistait alors à un sacrifice humain au Dieu Solaire. Ulrich eut alors une révélation : le « commandement nouveau » : « Aime ton prochain PLUS que toi-même ! En vérité, tu dois le savoir : ce qu’il faut renouveler chez l’Homme, c’est l’Amour. Tu dois aimer la mère qui enfante, car tu dois enfanter un monde : le Futur, fait de ta substance. Ta chair sera la cire, avec laquelle sera modelée l’Humanité à venir. » (p.109)
Suite à son voyage au Yucatan, il contracte une fièvre périodique, et a des visions prophétiques. Il voit pour la première fois apparaître « une ombre à peine discernable », il croit avoir affaire au Démon, mais elle deviendra son Guide. Il est de plus en plus inquiet de ces hallucinations. Michel de Roisin indique qu’Ulrich écrivait « sous la dictée de la Voix ». (p.115) « Parfois aussi, la Révélation me venait durant le sommeil : le tableau du monde m’apparaissait alors, avec des couleurs si vives que j’en demeurais longtemps comme ébloui. Jamais la réalité n’égala ces visions de splendeur, de richesse, d’inépuisable diversité. » (…) « Qu’Ulrich ait rédigé sous l’influence de forces surnaturelles, il le déclare nettement dès le frontispice de son oeuvre : « Au nombre d’Adonaï, de Lucifer et de Jésus, est écrit ce livre, Sous la dictée de l’Innombrable. »
« L’Innombrable est le nom collectif donné par Ulrich de Mayence au « Dieu-d’en-bas », qui conçut notre monde (lequel correspond à peu près à notre système solaire). L’Innombrable peut être assimilé – très approximativement – aux Elohim des écritures hébraïques et au principe destructeur des religions dualistes. Très approximativement, disons-nous, car l’Innombrable est aussi un constructeur. » (p.162)
« A peine mes yeux se sont-ils fermés sur le monde dit réel, qu’ils s’ouvrent sur celui du rêve, monde hélas digne des pires imaginations infernales. » (p.225)
Michel de Roisin donne quelques extraits de l’Arbor Mirabilis sur ces visions (p.143 sqq). Ulrich explique que « l’Innombrable » lui a touché les yeux et qu’il a été plongé dans un univers de clarté, qu’il s’est senti inondé d’une joie indicible, et qu’il a vu toutes sortes d’êtres merveilleux. « Vois cet Océan, me dit la Voix. Il a été, est et sera. Il ne peut rien lui être enlevé ni ajouté. Pourtant, tout ce qui vit s’y abreuve, tout ce qui vit s’y plonge, tout ce qui vit commence en Lui et s’y achève. » La Voix lui dit ensuite de sept fois de s’y reconnaître. Ulrich comprend alors qu’il se voit lui-même au travers de la multitude de ces formes : « J’étais unique et quantité infinie. J’étais passé, présent, futur. » Puis Ulrich est placé devant une seconde vision, il se retrouve dans « le palais du Soleil ». Il devenait lui-même le Soleil, et myriades de myriades de Soleils. C’est le « palais du Grand Mathématicien », qui de UN fait l’INFINI. Ensuite, Ulrich est placé devant une troisième vision, où il contemple deux chemins parallèles sur une haute montagne. Il voit de nombreuses formes animales, humaines, angéliques qui marchent. L’une de ces formes explique qu’elle est éternité : elle se déplace sans cesse mais vient de nulle part et ne va nulle part. « Depuis toujours, je suis partie, et depuis toujours, je suis arrivée. » En effet, toute Créature varie sans cesse, au fil des réincarnations.
La révolution des robots dans le film Animatrix. « Au temps des Monstres d’airain, surgiront les Sept Cavaliers des ténèbres » (p.488)
Ce sont ces visions qui mèneront à l’écriture de l’Arbor Mirabilis (46 livres réunis en un), contenant des prédictions d’une exactitude implacable. Il prévoit d’ailleurs la conquête spatiale (exploration de la Lune), la guerre froide (combat entre le « Dragon-des-Grandes-Plaines et l’Aigle-aux-Griffes-de-Mort »), l’âge atomique et les robots :
« Viendra le Temps des Monstres d’airain, car l’Homme voudra imiter le geste créateur.
Et le Fils de la Bête sera dévoré par les Monstres d’airain.
Car, après le temps de la servitude, viendra celui de l’émancipation.
Car je t’avertis, le Fils de la Bête sera moins esprit que le Monstre.
Or, seul l’esprit domine.
Et les Monstres d’airain seront plus esprits que le Fils de la Bête.
C’est pourquoi, celui-ci sera détruit. »
Image du film La Route, basé sur le roman de McCarthy: l’aboutissement d’une ligne temporelle basée sur la Haine ?
Ulrich de Mayence semble donc indiquer que l’humanité a un choix à faire entre deux voies : l’Amour ou la Haine. L’Arbor Mirabilis montre l’aboutissement des deux voies. Ou bien la connaissance de l’esprit, ou bien une disparition rapide, « entre les années 2500 et 3000″. Ulrich parle d’une « grande désolation des âges de sépulcre » : « Les océans ne rouleront plus que des vagues mortes et polluées. Sur la terre désolée, erreront des hommes nommés Gouriaks, parmi les ruines sans nombre de civilisations perdues. Semblables à des troncs envahis de pourriture, ces humains déshumanisés chercheront en vain subsistance dans un monde sans animaux, d’où les plantes vertes auront disparu. Et ils se dévoreront les uns les autres, sous le regard implacable de leurs Maîtres, les Monstres d’airain venus de Malique-Empire (?), Monstres enfermés dans leurs forteresses, plus hautes que les plus hautes montagnes, dans le Pyramidion maudit, où veilleront leurs mille yeux de cruauté minérale. »
Note : Un pyramidion, appelé aussi benben en égyptien ancien, est un élément pyramidal constituant le sommet d’une pyramide et plus généralement d’un monument (tel qu’un obélisque).
Il est très curieux qu’Ulrich mentionne aussi des Roues – alias des OVNIs :
Le ciel rouge des vaisseaux (Roues d’Ezékiel) dans la série V les Visiteurs
« Je vis, écrit-il, flamboyer dans les hauteurs du ciel, par myriades de myriades, de Grandes Roues de tristesse, de colère, d’espérances dévastées.
Et les Roues se déplaçaient par saccades, horizontales comme la mort.
A chacune, le moyeu était un cœur battant; les rayons étaient d’épouvante pure; la jante n’était que haine solidifiée, soudée, pareille à de la pierre, à du bronze, à la fatalité.
De cette jante jaillissaient des éclairs. Et les battements du cœur ébauchaient des paroles confuses, des paroles de foule, des paroles d’humanités agonisantes – de milliers d’humanités pleurant aux gouffres de Néant !
Or, les hommes ne discernaient que l’éclat des Aues : « C’est du diamant pur ! » s’écriaient-ils. Et ils acclamaient les Roues, et chaque peuple les voulait sur sa tête.
Cependant, les Hommes n’entendaient point les battements du cœur, ni les paroles ébauches, ni les avertissements. « Gloire aux Roues ! », répétaient-ils.
Et les Roues emplissaient le ciel, jusqu’à intercepter la lumière du jour.
Alors, les ténèbres fondirent sur la terre.
Sans relâche, la foudre se mit à jaillir des Roues, et ce n’étaient point des éclairs, ni des fils, ni des ruisseaux de feu, mais bien des cataractes, des océans de fournaise croulant des hauteurs célestes, pour ébranler peu à peu, dans sa masse, toute la sphère de notre monde. Et voici que, sous les coups répétés de cette mer ardente s’effondrant des abîmes, le ventre de la Terre s’ouvrit, pour donner passage, par mille blessures, à d’autres océans de fournaises… » (…) (p.490)
Michel de Roisin évoque ensuite la rencontre entre Ulrich et Nostradamus en 1526 à Toulouse. Nostradamus était un jeune clerc en médecine. Michel de Roisin reproduit alors un document des archives ecclésiastiques de Bordeaux à propos de la peste qui ravagea la région entre 1525 et 1528.
Dans ce document, il est question d’une sorte de rituel effectué pour éloigner la peste. L’auteur du document dit aller voir le « gouverneur de l’hôpital », nommé Pietro d’Avellino, docteur de la Faculté de Montpellier. Il opérait aussi en laboratoire. Ce vieillard est passablement désillusionné, en veut à Dieu, et essaye l’alchimie contre la peste. Puis enfin il explique qu’une seule personne peut aider à lutter contre la peste. L’auteur du document doit donc faire appel à Ulrich de Mayence. Il n’est pas du tout rassuré, Ulrich de Mayence serait le « cousin » du Diable. Cependant, ils le font venir à Montpellier, et il vient accompagné de Nostradamus. Pour combattre la peste, Ulrich demande beaucoup d’animaux, et il s’enferme dans une cellule. Il demande aussi de réunir des aides qui pourront agir au moment donné. Il reste dans la cellule deux mois, puis demande à tous de se réunir dans la crypte de la Chapelle Saint-Michel (basilique?) où avaient été jetés des cadavres de pestiférés. Puis il explique la raison de cette réunion :
« Mon premier précepte en ce qui concerne l’art de guérir se rapporte à la puissance de la pensée. Celle-ci détient sur toute chose un pouvoir absolu, à ce point que l’Univers entier n’est que la matérialisation d’une pensée préconçue.
Ulrich développe alors sa théorie : pour lui, le cerveau dégagerait des effluves – ou, selon la langue de l’époque, des « esprits » capables d’agir sur la Matière. Par une concentration suffisante, il serait donc possible, par exemple, d’ébranler un objet, de le soulever dans l’espace, de l’y maintenir, croyance encore vivace quatre siècles plus tard au seuil de l’âge interplanétaire, sous les noms de télékinésieparaphysique oupsychokinésie. D’autre part, les effluves, par leur action sur le milieu environnant, créeraient ce qu’on appellera plus tard un « champ ». Celui-ci aurait la propriété, dit le magicien, d’attirer ou de repousser les « démons de la Maladie. » L’efficacité du champ dépendrait, en premier lieu, de la foi  de l’expérimentateur en sa propre puissance, foi éventuellement suffisante, selon le mot de l’Évangile, pour « soulever des montagnes ». Elle dépendrait encore du nombre de participants : ainsi, deux cerveaux émettant ensemble, irradieraient plus d’énergie qu’un seul.
C’est pourquoi, dit Ulrich, j’aurais souhaité voir en cette cave une multitude compacte… »
Désignant alors la figurine érigée sur l’autel :
« Cette effigie, reprend-il, a pour utilité de favoriser la concentration de vos « esprits » (ou effluves). Les aiguilles déposées auprès de la statuette seront enfoncées dans les différentes parties du corps principalement affectées par la Peste. En même temps, vous répéterez avec moi certaines invocations, toujours à seule fin de favoriser et augmenter la concentration de vos « esprits ». « Ceste pratique, condempnable quoique faiste à bénéficque intention, écrit l’Anonyme, estoit appelée « envoustement rouge » et l’usage en venoit tout droit d’Italie, où beaucoup s’adonnoient à pareille détestable diablerie. »
« Votre lutte contre le fléau, s’écrie le médecin-magicien, se caractérisera par l’emploi d’une arme inhabituelle : la Pensée. Vos « esprits » devront donc chasser de cette ville les démons pernicieux. (…) » (p.140-141)
Michel de Roisin explique ensuite qu’Ulrich incise les cuisses des malades et leur introduit une mixture dans des fioles (avec le sang des animaux). L’auteur se demande si ce n’était pas une sorte de vaccin.
Note :
Voir aussi cette histoire qui évoque Ulrich de Mayence et les alchimistes à Bordeaux, et ces articles mentionnant la tour Saint Michel de Bordeaux.
Troisième Récit : L’illumination de Montségur
Ce récit est, selon Michel de Roisin, adapté d’une oeuvre capitale d’Ulrich de Mayence : Commentarii de Bello Luminis Tenebrarumque (« Mémoires relatifs au combat de la Lumière et des Ténèbres »). Ce texte raconte comment l’idée de l’Arbor Mirabilis vient à Ulrich. C’est aussi un récit mélangeant le réel et le fantastique, avec des métaphores mystiques.
Ulrich raconte de son point de vue comment il a été appelé à Bordeaux pour soigner les pestiférés. Il dit qu’on le prenait pour un sorcier, et qu’il voulait repartir à Perpignan. Il voyageait avec Michel de Nostre-Dame, duquel il en dit grand bien. « La propension à l’expérience, c’est-à-dire au réel, m’avait toujours frappé chez mon compagnon. » (p.154) Ulrich explique comment Nostradamus soignait, notamment avec le venin de guêpe. Ulrich mentionne ensuite une altercation avec des brigands, de laquelle ils sortent victorieux. Mais cette altercation annonce une période difficile pour Ulrich qui attrape une fièvre pendant deux semaines, près de Foix.
Mona Lisa, « Dame Gioconda », selon les couleurs d’origine.
Il s’est retrouvé à « halluciner » sans arrêt, il dit avoir été « éprouvé » par l’Innombrable ou plutôt « tenté ». Car en effet il se retrouve dans des mondes merveilleux, il décrit d’ailleurs toutes les tentations qu’il a subies dans un langage très réaliste. Michel de Roisin censure ces passages, d’un érotisme exacerbé. Il lui apparaît une femme, dont le visage correspond à la Joconde de Léonard de Vinci. Ulrich dit que Léonard de Vinci lui avait fait l’honneur de lui montrer ce portrait à Amboise.
Lorsque les visions se terminent, et qu’Ulrich se rétablit peu à peu, il s’aperçoit que la femme qu’il voyait était bien réelle, et qu’elle se trouvait à son chevet. Ses phantasmes se confondent avec la réalité. Il s’agit en fait de Isabelle de Montguibert, une « hérétique » ou cathare. Très érudite, elle « se refuse à croire Dieu parfaitement bon« . Sa mère était Francesca delle Rocca, ex-dame à la cour de Lucrèce Borgia. Son père était le baron Hugues de Montguibert. La famille avait dû quitter Naples un an après sa naissance, et elle a grandi à Gaète.
« Peu de temps après la mort de sa mère, la fillette voit sa vie aventureuse recommencer. De Gaète, le baron part à Gênes, où il entre, en 1509 aux côtés du Roy. Trois ans plus tard, il se fait tuer à Ravennes, le 11 avril 1512, presque au même instant que son cousin, Gaston de Foix.
- Dès lors, abandonnée à elle-même, Isabelle continue sa vie comme elle le veut, et surtout comme elle peut ! A quinze ans, elle reçoit, de Catherine de Navarre, en reconnaissance des services rendus par son père, la maison où nous sommes. Depuis cette année, c’est-à-dire depuis 1517, damoiselle de Montguibert y habite, dans une quasi-retraite, s’adonnant à l’étude des lettres latines, grecques, hébraïques et surtout de la musique. » (p.181)
Ce livre de René Nelli contient leLiber de Duobus Principiis 
Elle possède aussi un exemplaire du Livre des Deux Principes, un ouvrage cathare fondamental.  Isabelle de Montguibert passe donc beaucoup de temps à expliquer la doctrine cathare à Ulrich, et un amour jamais consumé naît entre eux deux. Ulrich ne parvient pas à quitter sa maison, après sa convalescence. Mais un jour, Isabelle n’est plus là. Elle est partie à Montségur. Et Ulrich par à sa recherche.
A Montségur, il monte jusqu’au fort et rencontre les « Croyants dédaigneux » qui ont installé de petites cabanes de branchages au milieu des hautes murailles. Il tombe alors sur un homme qui s’appelle le père Joachim, qui s’attendait à sa venue. Il lui révèle que Damoiselle de Montguibert est désormais une Parfaite, qui a reçu le Consolamentum. Bouleversé, Ulrich se jette alors aux pieds de soeur Isabelle, et il voit une croix (la Croix Kataugue) de lumière qui s’interpose entre lui et « les appétits de ce monde ».
Quatrième Récit : La véritable histoire du Saint-Graal
Ce texte évoque les sources d’inspirations de l‘Arbor Mirabilis, à la fois chrétiennes, cathares, bouddhistes, brahmaniques, et chinoises. Il porte en premier lieu sur l’origine de ce symbole qu’est le Graal, et offre une synthèse des hypothèses à ce sujet. Le lien avec les Croisades est évoqué, ainsi que la possibilité de la réalité physique de l’objet. L’auteur pense que le Graal se trouvait dans le Temple de Jérusalem, qu’il se trouvait ensuite à Rome (Basilique Saint-Pierre), puis que les Wisigoths l’ont repris, qu’il est passé dans les mains d’Alaric puis d’Ataulf, puis Wallia (dont la capitale fut Toulouse), puis Théodoric Ier, qui déposa le Graal à Carcassonne. Les Trencavel (vicomtes de Béziers) auraient ensuite emmené le Graal à Montségur.
L’auteur rencontre ensuite le « Dr Vitus » à Nuremberg, qui explique que Graal signifie aussi « table », et que son contenu peut aussi être immatériel. C’est donc un livre, comme la Loi de Moïse. « Il serait issu d’ailleurs, c’est-à-dire d’une civilisation située en dehors de toute société terrestre connue. » (p.223)
Le pic d’Adam (singhalais Sri Pada ou Samanala, tamoul Sivanolipatha Malai, arabe Al-Rohun) est un des sommets les plus importants de l’île du Sri Lanka. Conique et haut de 2 243 m, il est considérée comme un lieu saint par les hindous shivaïtes, les bouddhistes et les musulmans.
Cette information est développée : Ulrich, sur le conseil de Nostradamus, serait reparti à Montségur en juin 1538, et aurait revu le Père Joachim. Celui-ci se trouvait dans sa retraite, le « Trou-de-la-Colombe », au pied du « Pog ». Le Père révèle à Ulrich l’aventure de Saint Thomas, qui serait parti en Inde, avec Abbas (un envoyé du roi Gandaférus), et ses deux frères Judas et Thaddée, ainsi que ses trois compagnons Philippe, Zacharias et Matthias. Thomas prêche dans l’Inde et descendant jusqu’à Comaria, où il embarque pour le Sri Lanka. Ils pensent que c’est le lieu du paradis terrestre, où auraient vécus Adima et Héva.
Après avoir traversé la jungle, ils tombent sur une ville ceinturée d’une muraille de gros troncs, mais mal accueillis par les habitants, ils continuent jusqu’à un temple très ancien, où ils découvrent les Douze Tables de Bronze, « contenant l’histoire du passé humain avant Adam et Eve, et celle des derniers jours de l’Homme« . En effet, « Adam et Eve furent les premiers, mais seulement les premiers visiteurs d’une autre espèce à être venue visiter notre monde. » (p.241) Thomas raconte comment il découvrit les Tables, « ensevelies sous quatre pieds de sable, dans une crypte gardée par mille démons ayant pris forme de serpents« . (p.242) A son retour, Thomas confie les Tables à un nommé Artabazius, qui traduit les Tables et écrit le codex d’Artabaze. Le Livre de Bronze est donc aussi le Saint Graal. Ulrich aurait donc vu les Tables de Bronze à Montségur, affichant une écriture qui aurait été du sanscrit archaïque. Elles pesaient chacune 87 kg.
Quant à Thomas, il aurait serait tombé sur des pirates, avant d’arriver sur la côte de Coromandel. Son compagnon Judas y serait mort empalé. Ses restes auraient été associés à Thomas, jusqu’en Mésopotamie où le corps du pseudo-Thomas sera vénéré jusqu’au IVe siècle. Suite à un désaccord entre Thaddée et Philippe, Philippe continue seul sa route vers Jérusalem, emportant la Table de Bronze, qu’Hélias aurait reçue et mise dans le Temple de Salomon. Quant à Thomas, il meurt de la peste au Bengale, avec la seconde Table de Bronze, et l’Apocaypse de Thomas – près de Palakkad. Un navigateur breton, Sébastien de Sainct-Ligaire, aurait ensuite découvert entre 1488 et 1495 un manuscrit indiquant l’itinéraire du véritable tombeau de Saint Thomas. C’est pourquoi Ulrich lance une expédition pour les Indes peu de temps après.
Cinquième Récit : A la conquête du Saint-Graal
Ce récit évoque l’expédition d’Ulrich en Extrême-Orient (1540-1547), à la recherche de la Table de Bronze concernant le futur de l’humanité. Le récit de l’entreprise aurait été rapporté par Kurt Schreiber, deuxième Grand-Maître des Kataugues (par ailleurs alchimiste). En 1538, Ulrich de Mayence avait dit à Kurt Schreiber qu’il se préparait à une un long voyage, et qu’il allait accompagner.
Cadix
Ulrich et Kurt se rendent donc vers le Portugal, en laissant Pentadius derrière eux. Sur leur route, ils sont suivis par un Inquisiteur les espionnant. Ils passent par les Pyrénées et Séville pour finalement arriver à Cadix, où ils rencontrent Don Pedro-Ximénès de Jerez. Cet amoureux des trésors et de la richesse organise la flotte de sept navires, avec un équipage de 4000 hommes.
L’expédition est relatée dans le journal de Kurt Schreiber, de plus de 4000 pages.   Une partie de ce journal est reproduite par Michel de Roisin, l’expédition est extrêmement fastidieuse, ils souffrent de la soif et de la faim et les courants les emmènent vers les Sargasses, où la mer est recouverte de plantes et d’algues, formant un tapis vert. Ils se retrouvent bloqués et pensent tous mourir. Le journal s’arrête au moment où ils perdent tout espoir de survie.
Sixième Récit : Les mystères du château de Chaumont-sur-Loire
Le château de Chaumont-sur-Loire se trouve sur les bords de la Loire, entre Amboise et Blois, en France.
Ce récit relate l’intronisation de Nostradamus en tant que « Primat du Grand-Soleil-des-Gaules », en juillet 1555, de l’Ekklesia des Kataugues.
Il est d’abord question de messes noires dans ce château. L’historique est retracé, à propos d’atrocités, et d’orgies (en l’honneur de Henri III). Puis il est question de la vie d’Ysabelle de Limeuil, qui épousa le maître de Chaumont.
Dans ce château aussi le magicien Ruggieri préparait un miroir magique où devait apparaître le destin de la France à Catherine de Médicis en 1560. Elle verra dans ce miroir le destin tragique de sa dynastie.
Il y eut aussi une autre séance en 1555 avec Ruggieri : l’intronisation de Nostradamus. Ruggieri faisait partie également du « Grand-Soleil-des-Gaules ». Nostradamus avait été convoqué alors qu’il était à Salon-de-Provence. Il s’était mis un an plus tôt à rédiger les Centuries – publiées le 4 mai 1555. Il est toujours surveillé par l’Inquisition. Nostradamus avait été investi d’une mission par Ulrich de Mayence.
« Le Maître m’investit de la plus haute mission dont puisse s’honorer un philosophe, mission touchant le domaine de la Foi peut-être, mais aussi celui de la Politique… » (p.319) « Ma tâche doit consister à « éclairer » les Deux Vies. » (p.320) Pour les générations de l’an 2000…
Un autre récit donné par Michel de Roisin donne le point de vue de l’Inquisition sur la réunion des Kataugues au château de Chaumont. Ulrich de Mayence s’appelle alors Frère Isménoël, et les participants à la réunion portent des habits de type « pénitents » (cagoules hautes et pointues, pourpres, violets, noirs, bruns, ou orangés, avec des « cornes de Vikings »). Parmi eux, il y a notamment Gauricus LucasAlexandre PiccolominiNonius Pedro, et Ruggieri-le-Vieux. Il se peut que Catherine de Médicis participa à la cérémonie (comprenant des gestes rituels, des échanges de questions et réponses, etc).
A cette occasion les dogmes de la doctrine Kataugue sont rappelés : 1) La conscience de penser : seule réalité de l’univers, 2) Impossibilité à l’homme de connaître ou de concevoir Dieu, et plus encore d’entrer en relation avec lui, 3) La mort n’existe pas, 4) « Aime ton prochain plus et mieux que toi-même » (commandement en lien à la réincarnation)
Septième Récit : Les tribulations d’un livre maudit
Ce texte relate certains faits survenus au Mont-Saint-Michel en 1557, dont le souvenir est conservé dans les archives Kataugues de Düsseldorf. Une partie de ce texte est reproduite de Dom Jean Huynes.
Michel de Roisin commence d’abord par évoquer toutes les difficultés que posaient l’impression secrète d’un livre tel que l’Arbor Mirabilis. De nombreux et longs détails sont donnés. Par exemple : un incendie dans la salle secrète de l’imprimerie, en dessous d’un moulin. De plus que ce livre est fait pour être conservé jusqu’à ce que les générations de l’an 2000 puissent en connaître le contenu.
« Grâce à un génie de la prudence jamais égalé, l’oeuvre d’Ulrich « enjambera les siècles, telle l’arche d’un pont merveilleux » pour atteindre nos générations, celles de l’an 2000, époque d’incertitudes et de menace, époque où l’humanité, envahie d’une sourde angoisse, éprouvera un besoin de plus en plus impérieux de se sentir rassurée. 
Rassurée sur sa vie matérielle, compromise par un inquiétant appauvrissement des ressources jadis prodiguées par la nature,
Rassurée sur sa vie spirituelle, devant les problèmes d’apparence insoluble imposés aux chefs de ses différentes confessions,
Rassurée enfin sur sa vie politique et sociale, dont les routes, malgré de fallacieuses séductions, ne sembleront point conduire vers les libertés naguère entre rêvées par tant d’auteurs…« 
Michel de Roisin retranscrit donc le récit (sous forme de confession) d’un moine bénédictin, François du Bouchage, qui a reçu l’Arbor Mirabilis au Mont-Saint-Michel par un concours de circonstances.
Paul Féval - Les Merveilles du Mont Saint Michel
Premièrement il est question de l’arrivée d’un mystérieux messager. Celui-ci venait du Vatican, où se trouvait le cardinal de Lisieux, apportant une lettre de sa part. Cette lettre évoquait les « hérétiques » de l’Arbor Mirabilis. Il lui informait qu’un guet-apens se préparait pour leur dérober ce livre. François de Bouchage n’était déjà pas pour la violence, qui ne cadrait pas avec l’idée de charité chrétienne. Cependant, il finit par assister à cette attaque nocturne, et se retrouve chargé de garder secret le gros manuscrit de l’Arbor Mirabilis à l’intérieur de l’abbaye. Evidemment, il ne peut pas désobéir aux ordres de la hiérarchie, mais en même temps il s’oppose à tout secret. Il devient de plus en plus angoissé à l’idée de conserver un manuscrit diabolique dans un lieu saint.
En effet, il se déroule des phénomènes étranges à l’abbaye. La nuit, le moine voit d’abord des scintillements lumineux par sa fenêtre, puis entend vers minuit un grondement, avec le sol qui tremble. Puis il entend une longue plainte aiguë, et « par les yeux de l’esprit, vit des milliers de succubes ou démons femelles » (p.379). Le tout est accompagné de gros grêlons, et tous les moins sont affolés par des flammes s’élevant au-dessus de toutes les croix.
Michel de Roisin reprend alors Dom Jean Huynes (pdfamazon) pour donner d’autres exemples de phénomènes étranges à l’abbaye. L’un d’eux est la « clarté de Sainct Michel » : ce sont des « lumères célestes en pain minuict qui rendoient cette place aussy claire qu’elle est au plus beau jour d’esté, en plain midy« . Puis il est dit que le 3 novembre 1452, à 21h, il y eut soudainement une forte averse de grêle accompagné d’orage, qui effraya tous les moins. Il virent alors au-dessus de la croix du clocher :
Pour des récits similaires, alliant phénomènes OVNI à des chutes d’objets et perturbations atmosphériques, voir Le livre des damnés de Charles Fort
« une clarté spaieuse et longue à guise d’une flamme de feu ardent et, sur chaque croix des pyramides, des petites clartez de maniere que bien qu’il fut nuict et que le temps, à cause des gresles, pluies et tempestes qu’il faisoit, fut obscur, ce neantmoins dans ce monastere on y voyoit aussy clair comme si c’eut esté en plein midy lorsque le temps est serin. Ce qui faisoit croire à ceux de dehors qui voyoient cette grande clarté que tout le monastere estoit reduit en feu : elle dura une demye heure et fut veue de tous ceux de ce Mont et de ceux des environs. Et durant ce temps les petites clartez qui estoient sur les croix des pyramides s’en allans joindre avec la grande clarté qui estoit sur la grande croix du clocher, on entendit un grand coup de tonnerre plus horrible et beaucoup plus espouvantable que le premier contre le susdit clocher de sorte que tous les religieux saisis d’effroy, les uns tomberent par terre, les autres contre les murailles et ceux d’en bas croyoient que ceux qui estoient monté au clocher fussent morts. Tous néanmoins, par la grace de Dieu et intercession de St Michel, n’eurent aucun mal, et la tour du clocher ne fut nullement endommagée. Incontinant après, cette clarté disparut montant peu à peu vers le ciel, et tout s’estant passé, ainsy que nous avons dit cy dessus, un chacun rendit graces à Dieu et à l’Arcange St Michel et aux saints dont il y avoit des reliques en la croix du clocher, et cela faict tous se retirerent dans leurs chambres. Celuy qui nous a laissé par escript cette merveille dit qu’une semblable clarté est souvent apparue sur la susditte tour durant que l’air estoit agité de pluyes, gresles, et tempestes et qu’elle paroit si souvent durant que de tels orages arrivent qu’en ces quatiers on l’appelle communement la clarté St Michel : ce que nous voyons estre vray. (p.381-382) 
En plus de ces phénomènes étranges, le bénédictin décrit aussi des phénomènes de poltergeist dans l’abbaye. Il se décide donc à retourner à la cachette où il a déposé le livre pour l’exorciser. Mais il trouve qu’un squelette a disparu, et que le livre est ouvert devant lui. Il est conduit à lire quelques pages du livre. Le passage porte sur la trinité de CHEMELCH-ELOHIM, et la force créatrice CHARIM-le-CONSTRUCTEUR, et la force destructrice IOUCHIPERIM-le-DESTRUCTEUR, ainsi que sur tous les esprits qui gravitent autour de ces forces dans l’unviers. Il est aussi question de la réincarnation. Si l’homme évolue, il devient Esprit, capable de créer en modifiant les architectures de la matière. (p.391)
Le bénédictin, très perturbé, divisé en lui-même, traverse une crise intérieure. Une voix lui indique qu’il existe d’autres planètes avec d’autres soleils, où se trouvent d’autres êtres intelligents qui ne sont pas des hommes. La voix montre qu’il était autrefois l’un de ces êtres. Quand il se réveille de son « délire », il se rend compte que la voix vient de son chat, qui se trouve être sa mère réincarnée. François de Bouchage est alors convaincu que le livre dit vrai et il quitte l’abbaye pour se réfugier en Espagne.
Huitième Récit : Ulrich de Mayence et la doctrine merveilleuse
Ce texte est une histoire d’Inquisition qui se déroule à Anvers. En 1558 un barbier de cette ville est interpellé en pleine nuit, à son domicile. Il est emmené de force jusqu’au Steen, ce qui l’emplit de frayeur : une des pires prisons des Pays-Bas. « L’Inquisition avait installé ses chevalets, ses roues, ses entonnoirs, ses crocs, ses fourneaux, tout son matériel de torture, afin d’arracher à ses victimes des aveux parfois dictés par la seule souffrance. » (p.406) Il y avait aussi une « cave pénale« , où de l’eau coulait petit à petit jusqu’à ce que le prisonnier doive souffler dans un tuyau pour faire marcher une pompe jusqu’à s’épuiser et périr noyé.
Le passage de ce barbier dans le Steen, est décrit avec beaucoup de détails tous plus horribles les uns que les autres. Il vit un véritable enfer, dont il gardera une « inguérissable blessure morale » (p.416). Puis suite à une longue attente et à une visite des lieux, il est conduit devant une sorte d’interrogatoire qui lui révèle qu’il a « donné asile (logé) à un individu huit fois hérétique. » Cet individu se nommait Hans Burgmayer (pseudonyme d’Ulrich de Mayence). Les Inquisiteurs cherchent à savoir son vrai nom. Ils proposent enfin au barbier de quitter le Steen libre, mais en devant collaborer à son arrestation – et donc trahir Hans.
En hiver dans la Forêt de Soignes
Michel de Roisin reproduit ensuite une lettre qui serait écrite par le barbier Hiéronymus, sous forme de confession. Il explique dans la lettre comment il a participé à l’opération visant à arrêter Hans Burgmayer qui se réunissait dans la forêt de Soignes (au sud de Bruxelles) avec des autres Kataugues. Il devait participer à la réunion et donner un signe pour indiquer aux hommes armés cachés d’intervenir.
Le barbier décrit la salle de réunion : des hautes chaires sculptées avec des têtes d’animaux, dans un lieu vétuste, lugubre. Une dizaine de personnes arrivent puis le maître de cérémonie, en robe rouge, Hans Burgmayer. Il a un pouvoir magnétique, est grand, et a une barbe noire.  Pentadius participe aussi. C’est une réunion pour présenter l’Arbor Mirabilis. Ulrich de Mayence annonce sa disparition prochaine (il va peut-être à Mantoue en Lombardie pour la première édition du Zohar). La réunion est aussi l’occasion d’évoquer le dogme Kataugue : primauté de la pensée (élaborant les architectures de la matière), illusion du temps (notion d’éternité et mystère de la chaîne causale), conscience de penser (conscience immatérielle et éternelle), but de la spiritualité (évolution dans les réincarnations), péché (trop grand amour de soi). Pour finir, Hans Burgmayer rappelle les paroles suivantes : Lumière de droite aspiration, Lumière de droite pensée, Lumière de droite parole, Lumière de droite conduite, Lumière de droite vie, Lumière de droit effort, Lumière de droite intention, Lumière de droite élévation ou de ravissement. (p.440-441)
Quand le barbier décide de donner l’alarme, après avoir assisté à la réunion, tout disparaît : le Livre, et les participants. Il se retrouve tout seul dans cet endroit lugubre. Puis il sort dans la forêt, et il se rend compte aussi qu’il n’y a nulle trace humaine. De retour à Anvers, il se fait admettre à l’hôpital Saint-Julien : il avait été comme projeté un siècle plus tard.
Neuvième Récit : L’épopée de l’Arbor Mirabilis ou Bible de l’an 2000
L’Arbor Mirabilis (image : Michel de Roisin). Pour les autres illustrations, se référer au livre.
Ce texte évoque un ouvrage résumant l’Arbor Mirabilis, donné comme référence pour l’initiation exotérique : le De Katauguibus Principiis, Ritibus et Prophetis Liber ou Livre de Montségur (1543). Ce livre aurait été écrit au cas où l’Arbor Mirabilis, dont il ne reste que deux exemplaires, serait perdu
L’histoire des deux exemplaires restants de l’Arbor Mirabilis est la suivante : en 1563, tel le Juif Errant, Pentadius se rend d’Allemagne jusqu’à Salon de Provence, où Michel de Nostre-Dame oeuvre à soigner les malades. Pentadius révèle à Nostradamus ses démêlés avec les autorités ecclésiastiques, la mort de Kurt Schreiber (1559), puis la destruction de l’imprimerie secrète à cause d’un raid des Huguenots. Pentadius décide de brûler tous les exemplaires de l’Arbor Mirabilis, en en gardant deux dans un coffre.  Nostradamus et Pentadius décident d’enterrer un des exemplaires à Montségur et de conserver l’autre pour le gouvernement des Kataugues jusqu’à la « fin de la première Apocalypse » (guerre effroyable dont l’origine viendrait de Chine).
Église de la Madeleine de Béziers
Pentadius part donc pour Montségur et rencontre des brigands sur sa route. Ils sont cependant effrayés par la vision d’un « cavalier-fantôme », l’Oubagnou.  Puis Pentadius visite l’Eglise de la Madeleine à Béziers où furent massacrés 7000 personnes en 1209. Il passe ensuite par Narbonne, Carcassonne et Limoux, pour finalement atteindre Montségur. Il y trouve des cathares qui l’accueille, et qui l’attendaient, dont Esclarmonde Marty, descendante d’une lignée cathare. Pentadius se rend compte des liens entre Kataugues et Cathares : Esclarmonde lui indique qu’Ulrich de Mayence venait parfois et discutait avec eux de points de la vraie Foi. Bien qu’il n’avait jamais voulu recevoir leconsolamentum, il rejoignait très largement les cathares, notamment en refusant l’image d’un dieu crucifié – la croix étant un symbole associé à la lumière et non un instrument de torture.
C’est chez Esclarmonde et Ramon Marty que Pentadius rédigea le condensé de l‘Arbor Mirabilis. Michel de Roisin reproduit ensuite plusieurs extraits de ce livre non encore édité. Voici l’un des extraits :
« Une nuit, en rêve, écrit-il, une main gigantesque, de pierre ou de marbre, se dressa, verticale, devant moi. Cette main était debout sur une roue de char, disposée en manière de table. Et la roue tournait. Or, la main tournant avec la roue, me présentait alternativement sa paume, peinte en noir, et son dos, peint blanc. Une très courte fraction de minute, le blanc m’apparaissait donc, puis le noir. Et cela se répéta pendant un intervalle de temps qui me parut interminable. « Cette rotation, dit une voix, dure de toute éternité. Éternellement le blanc se répète; éternellement le noir se répète de même. Qu’est-ce qui est plus éternel en cette main ? Le noir ou le blanc ? La paume ou le dos ? Et dans un être, qu’est-ce qui est plus éternel , la vie ou la mort ? Le châtiment ou le paradis ? Cet être ne peut-il, en même temps, être éternellement récompensé, éternellement damné ? Comme tu le vois, l’homme contient en lui un infini d’éternités. En lui se rassemble l’Univers : perpétuelle création de lui-même, il ne trouve qu’une limite : sa PENSÉE ! Nous voyons donc, conclut le prophète, la possibilité de résoudre la difficulté avancée au début de ce chapitre : l’Homme est responsable : il doit être châtié. Le deux faits peuvent s’allier, comme le blanc et le noir dans l’exemple de laMain tournante. De plus, châtiment et récompense peuvent être à la fois, sans absurdité, temporels et éternels. » (p.485)
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